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Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]

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message posté le Ven 25 Jan 2013 - 11:40 dans Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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Bien sûr, il ne connaissait pas ce lieu, mais l'émerveillement avait pris la place de tant de questions, qu'il ne s'en posa plus, préférant partir à la découverte de ce monde merveilleux. Aussi longtemps qu'il est un enfant, il aimait toutes ces couleurs, l'arc-en-ciel était symbole de bonheur et de liberté, loin de tous soucis. Aussi avait-il suivi son instinct enfantin, il voulait retrouver Astrid pour aller jouer avec elle, comme elle lui avait demandé. Mais il ne savait pas vraiment où la chercher, bien qu'il sentait inconsciemment sa présence.

Il était encore aux ruines il y avait un instant, jusqu'au moment où un papillon étrange aux couleurs de l'arc-en-ciel l'avait approché pour s'envoler un peu plus loin. L'enfant, curieux de voir une telle beauté, le suivit, bien sûr, dans le but de le voir de plus près. Mais non moins joueur l'insecte semblait à chaque fois se déplacer un peu plus loin pour guider le marmot vers des lieux inconnus. Quel était donc son dessein? M'enfin, Caïn ne se souciait guère de cela, puisqu'il le suivi sans se soucier. A vrai dire, il était encore sous l'effet de l'émerveillement de ce monde idyllique et avait laisse de côté son anxiété naturelle l'espace de cet instant. Bien sûr qu'il était dans un rêve, il en était conscient, mais ne se posait pas la question, préférant en profiter finalement.

La chasse continua jusqu'au lac, où le papillon décida d'arrêter de s'amuser pour aller butiner quelques nénuphars en fleurs sur les rives. L'enfant arrêta les misères et regarda bouche bée autour de lui. Tout était si calme, silencieux. Son esprit laissa l'insecte de côté et regarda les fleurs qui dégageait un parfum apaisant. Pourtant ce calme... C'était un silence pesant, comme si la nature attendait qu'il se passe quelque chose. L'insecte même s'envola dans le ciel, abandonnant l'innocent à sa peur. Celui-ci se rendit compte qu'il était seul, là, perdu, et qu'il trouvait qu'il faisant étrangement sombre, alors que le soleil était au rendez-vous. Il ramena ses bras contre lui, de crainte, comme s'il était prêt à se recroqueviller pour se protéger instinctivement d'une quelconque menace. La tension semblait monter à chaque seconde passée, et son coeur battait la chamade, alors qu'il regardait tout autour de lui. Des bruits étranges tournoyaient autour de lui, comme si ils s'amusaient à le faire tourner en bourrique. Ou bien étaient-ce des hallucinations?

D'un coup, un lapin sortit des buissons juste devant lui, comme s'il voulait l'affronter. Manque de pot, le garçon était un couard, et son seul mouvement fut un sursaut qui le fit reculer d'un coup, au point de glisser dans le lac. Il essaya de se rattraper aux nénuphars les plus proches, mais ils n'étaient pas assez fort pour supporter son poids. Son corps coula, attiré par le fond du lac inévitablement. Le gamin n'avait pas appris à nager, et cela lui fit défaut, serait-ce fatal? Il ne le saura pas, pas tout de suite, car il sentit sa conscience l'abandonner, avec les dernières bulles...
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Neige Age : 26
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message posté le Sam 26 Jan 2013 - 13:30 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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    Neige avait décidé qu'aujourd'hui, il était temps d'étendre son champ de connaissance à d'autres créatures qui, comme elle, évoluaient dans le monde d'Astrid. Elle en avait assez de voir continuellement ses sœurs. Un peu de nouveauté ne pouvait pas lui faire de mal. Et puis, après tout, que pouvait-il lui arriver? Elle était chez elle, et donc parfaitement en sécurité. Les recommandations de Pernelle étaient superflues. Elle ne les écoutait même plus. Elle se sentait bien, ici. Qui pouvait lui vouloir du mal? Et au pire, elle courait assez vite pour être capable de s'enfuir si jamais il survenait un danger quelconque, pour un peu qu'il existât un quelconque danger pour elle par ici. Elle n'avait encore jamais été blessée – sauf en tombant des arbres, mais c'était une autre affaire – et elle comptait bien continuer sur sa lancée.

    Forte de ces réflexions, elle avait décidé de pousser jusqu'au coin du lac où vivaient les Lumpeen, si proche de l'endroit où elle habitait, mais où on lui avait toujours interdit d'aller pour ne pas déranger ces petites créatures. C'était idiot, pensa-t-elle. Peut-être qu'après tout, ce qu'attendaient ces petites choses ce n'était qu'un peu de compagnie et quelqu'un pour jouer avec elles. Aussi, profitant de ce que ses ainées ne la regardaient pas, elle était descendue sous l'eau, couverte de sa peau de phoque, pour nager jusqu'à l'endroit qu'elle souhaitait découvrir sans que personne ne la voit.

    Malheureusement, elle fut bien déçue. Pas une trace de Lumpeen. Elles étaient sûrement timides, et devaient s'être cachées. Neige refoula un soupir de frustration, qui créa cependant de petites bulles autour d'elle tandis qu'elle tournait en rond, cherchant désespérément à apercevoir une quelconque forme de vie. Mais rien ne s'offrait à ses yeux, si ce n'était quelques algues qui s'enflaient lentement sous les petites vagues que créaient ses nageoires, et sa fourrure qui ondulait sur le côté de ses yeux. De très mauvaise humeur, elle entreprenait de remonter à la surface pour réfléchir à d'autres horizons à explorer quand une masse tomba brusquement devant ses yeux et commença à s'enfoncer dans les profondeurs du lac. Surprise, elle eut d'abord un mouvement de recul qui l'emporta plusieurs coudées en arrière. A travers les bulles qui l'aveuglaient en partie, elle plissa ses pupilles noires de jeune phoque, et la forme se précisa pour prendre l'apparence d'une petite couleur qui, ne parvenant pas à remonter à la surface, coulait sans s'arrêter, ses vêtements ne faisant que l'alourdir davantage, gorgés d'eau.

    La mauvaise humeur de Neige s'évanouit et elle se sentit presque guillerette à l'idée d'avoir enfin un peu d'action, inconsciente du danger réel que pouvait courir une couleur attirée par le fond. Comment l'aurait-elle pu, elle qui pouvait rester si longtemps sous l'eau? Cependant, elle se souvint des paroles de Pernelle, qui lui avait expliqué que tout le monde ne pouvait pas vivre dans le lac, et elle nagea donc en direction de la forme, prit entre ses dents un bout de la manche du garçon, et entreprit de remonter. C'était bien lourd pour une petite créature comme elle, et, si elle faillit lâcher le corps plusieurs fois, elle réussit pourtant à le ramener au-dessus de l'eau. Elle essaya d'abord de le poser sur les nénuphars, mais le garçon repartit aussi sec vers le fond, et elle fut obligée de le rattraper par le col pour le hisser sur la terre tant bien que mal, puisqu'il n'était pas si aisé de trainer un poids par sa bouche lorsque l'on avait aucune prise à laquelle s'accrocher. Elle y réussit cependant, et le garçon se retrouva étendu sur le mélange poisseux d'herbe et de boue qui entourait le lac.

    Elle passa son museau trempé sur sa joue, le renifla. Cela sentait comme le lac, la gadoue et la sable, et cela la rassura inconsciemment. Comme le garçon ne bougeait toujours pas, elle lui donna un coup de tête plus appuyé que les autres, puis un deuxième, et finit par poser ses pattes antérieures sur son ventre, appuyant brusquement pour se redresser, le toisant de toute sa hauteur.

    Cela ne se faisait pas de l'ignorer ainsi, enfin!
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message posté le Sam 26 Jan 2013 - 15:32 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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Les profondeurs l'avaient attirées, n'ayant pas la force de remonter, car il ne savait pas comment en réchapper. Mais le souhaitait-il simplement? De toute façon sa conscience l'abandonna, en même temps que l'air lui échappait. Avalait-il de l'eau? Il n'en savait rien. Son corps était lourd, si lourd, il coulait... Puis le noir... le vide...

Une douleur soudaine dans le ventre, un poids lui appuya dessus, alors qu'il ne respirait plus, puis soudain il toussa, recrachant l'eau qu'il avait avalé, reprenant difficilement sa respiration et même sa conscience. Ce fut son instinct de survie qui fit le boulot pour le faire recracher le liquide indésirable de ses poumons sur le côté pour ne pas qu'il s'étouffe plus. Le voilà la tête sur le côté, continua à tousser de l'eau. Puis sa tête reprit sa place, les yeux clos, respirant par à-coups, figé encore par la peur de mourir. Puis sa conscience revint peu à peu. Il avait encore ce poids sur le ventre, mais la tête lui tournait et il n'arrivait pas à ouvrir les yeux. Il toussa par moment, légèrement fiévreux. Puis une hallucination vint le troubler...

    Il était chez lui, enfin dans cette ferme qui les avait recueilli, lui et sa mère. Lui allongé dans son lit, assailli par la maladie passagère. Une bonne angine l'avait terrassée en plein hiver et sa mère veillait sur lui... Ah oui, c'était l'hiver dernier... Elle lui posa sa main sur son front, sa main si douce et bienveillante...


Convaincu d'être dans son hallucination, il leva légèrement son bras pour attraper quelque chose croyant que c'était cette main si douce et chaleureuse qu'il connaissait si bien... Il articula faiblement:


    "M...Mère..."


Voulant la voir mieux, il ouvrit grand ses yeux, clignant plusieurs fois pour se désembuer, puis, ses yeux s'ouvrirent non plus de curiosité, mais de frayeur, se rendant compte de la réalité. Il n'était pas chez lui avec sa mère, mais dans ce monde si étrange qu'il pensait être un rêve. Etait-il donc possible de s'endormir dans un rêve? En tout cas, il avait bel et bien perdu conscience à un moment donné, car la créature qu'il avait en face de lui, il ne comprenait pas d'où elle venait. Le lapin se serait métamorphosé après l'avoir effrayé?

La peur lui fit faire une montée d'adrénaline soudaine, et il se releva brusquement, rechutant en arrière en s'emmêlant les jambes dans sa précipitation. Il continua à reculer et se heurta à un rocher, l'empêchant de fuir plus loin. Aucun son ne sortit de sa bouche ouverte, mais ses yeux exorbités exprimait bien ses émotions sur l'instant. Finalement, il ferma les yeux, se mettant en position du foetus, les bras cachant son visage. Il tremblait de tout son corps. Qu'allait faire faire cette chose de lui? Qu'est ce que c'était?
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Neige Age : 26
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message posté le Dim 27 Jan 2013 - 23:42 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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    Neige se trémoussa impatiemment lorsqu'elle se rendit compte que sa nouvelle rencontre bougeait enfin, recrachant de l'eau par la bouche. Elle voulut faire la moue, ce qui donna à son visage d'animal une drôle d'expression à moitié contrariée, comme un chat qui viendrait de se faire piquer un oiseau sous son nez, et à moitié surexcitée, comme un chiot à qui l'on montre une balle, lui faisant comprendre que l'on va enfin jouer avec lui. Pourquoi avait-il de l'eau dans son corps? C'était une sirène peut-être? Pourtant, aucune d'elle n'avait jamais réagi comme ça à son approche. Et elles savaient nager, elles, ce qui ne semblait pas être le cas de l'être qu'elle écrasait de tout son poids depuis qu'elle l'avait tiré du lac. Non, ce n'était certainement pas une sirène. Une couleur, alors. Ou une drôle de créature qu'elle ne connaitrait pas encore. Dans les deux cas, l'idée lui plaisait, d'autant plus que le garçon n'avait plus l'air de l'ignorer, même s'il ne la regardait pas. Au moins, il donnait signe de vie.

    Elle releva la tête, surprise, un peu effarouchée, quand il se mit à parler. Mère. Qu'est-ce que c'était? Neige, en tant que créature d'Astrid, n'avait pas de parents. Elle avait des sœurs, certes, qui lui ressemblaient, des camarades, avec qui elle vivait dans l'eau et aux alentours du lac, mais pas de famille, bien que Pernelle puisse faire figure de parent. Cependant, elle n'en avait pas conscience, et ce nouveau mot éveilla sa curiosité en même temps qu'il provoqua chez elle un mouvement de recul, accentué par la pression qu'elle sentait à présent sur sa patte avant. Elle baissa des yeux, les cligna doucement plusieurs fois, en apparence paisible, réfléchissant intérieurement à toute vitesse sur la signification de ce mot – Neige ne réfléchissait pas souvent, et malheureusement, lorsque cela lui arrivait, il en ressortait rarement quelque chose de bon, puisqu'il s'agissait en général de fomenter une de ces bêtises dont elle avait le secret.

    Elle venait à peine de commencer à cogiter quand l'autre se releva brusquement, la faisant basculer en arrière et lui arrachant un geignement plaintif tandis qu'elle tombait sur le dos. Voilà qu'elle se sentait de nouveau contrariée. Elle agita ses nageoires en l'air, cherchant vainement à se redresser. Parfois, sa nature de phoque était vraiment handicapante. Comment pouvait-elle se remettre droite, elle si maladroite sur la terre, avec une simple queue et deux petites pattes palmées? Elle regarda en arrière, s'appuyant de son crâne sur le sol, et aperçut le garçon, qui se dessinait à l'envers sur le paysage de verdure. Elle constata avec une jubilation vengeresse que lui aussi était tombé. Au moins, elle ne serait pas la seule par terre. Cette réflexion lui redonna des forces et elle parvint à se tourner sur le ventre en s'aidant de ses pattes, donnant de grands coups de queue pour parvenir à se stabiliser. Elle redressa son museau, toute fière. Elle était débrouillarde, vraiment! Tout le monde ne pouvait pas en dire autant.

    Elle reporta son regard sur l'enfant, penchant la tête d'un côté, puis de l'autre, dubitative. Pourquoi faisait-il cette tête étrange? On aurait dit qu'il avait peur, mais il n'y avait aucune raison de s'effrayer. Neige avait beau être carnivore, elle n'avait encore jamais mangé, pour l'instant, ni couleur ni créature. Quoique, c'était peut-être bon. Il faudrait qu'elle demande, à ses sœurs, un jour.

    Elle chercha à communiquer avec lui, mais le seul son qui sortit de sa bouche fut son cri habituel, qui ressemblait à un jappement rauque et doux. Elle fronça le museau, dépitée. C'est vrai que sous cette forme, elle ne pouvait pas parler avec les autres, ceux qui n'étaient pas comme elle. Elle se demandait si elle devait enlever sa peau, quand elle vit son compagnon se coucher par terre, et se mettre à trembler. Et enfin, elle comprit. C'était si évident, comment n'y avait-elle pas pensé plus tôt? Il tremblait parce qu'il avait froid, après son séjour dans l'eau!

    Aussitôt, elle enleva sa peau et en recouvrit le corps couché dans l'herbe, n'en laissant dépasser que la tête, dont elle chercha à essorer les cheveux en les léchant, comme le faisaient les siens pour elle, le soir, quand il faisait un peu froid.

    Elle donna, de son nez, de petites impulsions dans le cou du garçon, et chercha à se glisser elle aussi sous la peau, avant de répéter méthodiquement ce que Pernelle lui disait chaque fois qu'elle revenait couverte de boue de ses expéditions. Sa voix était légère, quoique rendue râpeuse par son séjour prolongé dans l'eau.

    « Quand on est mouillé, il faut se couvrir » psalmodia-t-elle très sérieusement.

    C'est vrai qu'il ne faisait pas chaud, quand on n'avait qu'une peau d'humain à se mettre sur le dos.

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message posté le Lun 28 Jan 2013 - 16:13 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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Son corps était soumis à des convulsions irrépressibles, aussi bien de froid que de peur, d'autant que la créature émit un son qui lui fit froid dans le dos, le faisant se resserrer un peu plus sur lui même. Allait-elle le dévorer? Il gémissait de crainte, des larmes s'échappant de ses yeux clos, se mordant la lèvre. Il était trempé jusqu'aux os, donc de toute façon, si elle ne le dévorait pas, il mourrait peut-être de froid... Il n'avait pas vu de maison en venant jusqu'ici, et étant non loin de la forêt, il y aurait certainement quelques bêtes étranges qui viendrait se charger de son corps. Souffrirait-il? Non, mais il ne voulait pas mourir!

Les sens exacerbés par la peur, le gamin entendait les bruits que la bestiole faisait, mais il ne voulait pas découvrir ce qu'elle faisait, trop effrayé. Pourtant, une douce chaleur vint le recouvrir d'un coup, il ne comprit pas ce qu'il se passait. C'était ainsi quand on mourrait dévoré? Dieu était-il venu le chercher afin de lui épargner les souffrances? Mais qu'est ce donc ces sensations? Chatouilleux, Caïn oublia sa peur de l'instant pour rire lorsqu'il sentit quelque chose dans son cou. Comme il pensait être mort, il était soulagé, en fait de ne pas avoir souffert. Mais était-il vraiment mort? Avait-on encore le sens du toucher, lorsque notre esprit quittait son enveloppe corporel?

Là, il sentit un corps chaud se glisser contre lui, mais toujours en train de le chatouiller, touchant ses cheveux. Mais qu'était-ce donc cela? Puis une voix brisa le silence, une voix douce, chaleureuse, mais pas agressive. Quoique le ton était sévère, car elle réprimandait. L'enfant ouvrit les yeux, découvrant donc qu'il était toujours en vie, au même endroit qu'il y a un instant, avant qu'il ne les ferme, et remarqua la présence d'une "couverture". Enfin c'était plutôt une peau. Mais pour un enfant comme lui, une peau n'était pas si rare en guise de couverture, quand on avait que cela pour se couvrir, on prenait la peau d'un chien, des trucs comme ça, juste pour survivre... Bon ce n'étaient pas des fourrures de bonne qualité, mais l'important était de se tenir chaud. Puis, il se retourna enfin pour voir la personne qui venait de lui adresser la parole pour le réprimander. Il jura que c'était la même personne qui s'était collé à lui, mais il ne comprit pas pourquoi les évènements avaient tourné ainsi. En effet, c'était une jeune fille, bien plus grande que lui, qui venait de s'occuper de lui.

Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, Caïn ne fuit pas. Au contraire, il n'osait plus bouger. Tout simplement parce qu'il était tétanisé, surtout par le froid, maintenant qu'il se rendait compte qu'il était encore trempé. Il tremblait encore, mais à sentir cette présence humaine, bien qu'inconnue, il se sentit plus rassuré. Mais il n'osait pas encore parler, essayant de retenir ses tremblements qui devenaient de plus en plus violents. Il aurait voulu enlever ses vêtements, afin d'éviter d'attraper la mort, mais il était trop frigorifié. Pourtant, il dû faire un effort surhumain pour se lever et réagir. Etant un enfant de basse catégorie, il avait l'instinct de survie dans ces conditions et il savait ce qu'il fallait faire, ayant déjà été confronté à ce genre de choses auparavant, lorsque son père le laissait dormir dehors sur un coup de colère. Après tout, l'enfant maudit avait survécu jusqu'ici. Il se releva donc et retira ses vêtements rapidement pour les poser sur une branche d'arbre non loin, et s'enquit à ramasser quelques branches de bois sec avec de l'herbe sèche pour faire un feu. Il frotta à toute vitesse un bâton qu'il faisait tourner sur un autre morceau de bois au milieu de l'herbe.Le fait qu'il tremblait convulsivement aida dans son entreprise et bientôt des petites étincelles vinrent enflammer l'herbe. Il revint vers la jeune femme qu'il avait abandonné en se tenant les épaules et tremblant toujours.


    "V-v-viens p-p-près du feu t-te réchauf-fer..."

Il n'était pas particulièrement rassuré, mais elle l'avait aidé, et pour l'instant c'était tout ce qui comptait. Il ne savait toujours pas ce qu'il s'était passé, mais la priorité était de se réchauffer.
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message posté le Mar 29 Jan 2013 - 23:49 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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    Les yeux plissées, ses genoux repliés sous son ventre, elle entendait le bruit de son monde derrière elle, devant, tout autour, qui valsaient comme autant de musiques rassurantes. Le clapotis de l'eau du lac au passage d'une créature sous sa surface, le froissement des herbes les unes contre les autres, la montagne, au loin, qui semblait se refermer sur elle-même. Et, tout contre elle, ce nouvel élément qui venait de s'ajouter à son univers, qui ne bougeait pas, semblait presque retenir son souffle. Elle sentait toujours ses tremblements, mais se sentir au chaud sous la peau les amenuisait, et Neige aurait très bien pu s'endormir sous la fourrure si le garçon ne s'était pas soudainement levé, l'abandonnant dans la cabane qu'elle avait constitué de ces deux corps humains et d'un habit de phoque. Elle grogna lentement, plissa le nez, puis se tut, intriguée par les mouvements de son jeune compagnon, le suivant attentivement des yeux tandis qu'il enlevait ses habits, puis allait de-ci, de-là, ramassant des feuilles et des branches dont il faisait un petit tas non loin d'elle. Elle pencha la tête d'un côté, puis de l'autre. Cherchait-il à se construire un abri, comme les écureuils de la forêt le faisaient parfois quand des temps moins cléments se profilaient à l'horizon? Pourtant, ces branches étaient bien trop petites pour faire une demeure convenable. Elle hésita à lui dire, puis décida d'attendre, et à la place se renfonça dans sa maison improvisée, goûtant la chaleur qui s'en dégageait. Ses pupilles ne formaient plus que deux cailloux brillants dans l'obscurité, la peau une grotte au-dessus de sa tête. Elle adoptait souvent cette position, pour des motifs très divers. Quand elle boudait Pernelle, quand elle se cachait après une bêtise, quand elle voulait dormir et que personne n'était là pour former un cocon protecteur autour d'elle, quand elle voulait se protéger de la pluie qui mouillait ses cheveux.

    Elle se dit qu'il serait amusant de voler les vêtements que le garçon avait posés sur une branche pendant qu'il avait le dos tourné, et de se mettre à courir pour voir s'il allait la poursuivre et la rattraper, mais elle ne le fit pas. Maintenant qu'il avait commencé sa tâche, elle voulait en connaître la nature. Que faisait-il? Quand il commença à frotter deux bâtons l'un contre l'autre, elle se redressa sans s'en rendre compte, et se retrouva à genoux, la tête levée, la bouche pincée dans une expression concentrée. La peau glissa de quelques centimètres sur ses épaules pendant qu'elle bougeait, et elle la remit en place d'un geste indifférent. Était-ce une nouvelle manière de faire de la musique? Elle n'entendait rien, pourtant. Elle se pencha en avant, comme si rapprocher sa tête du lieu d'action pouvait lui donner quelques indices sur la procédure, et sursauta quand une flammèche apparut au centre du tas de bois, vacillante dans le jour, tremblante encore, avant de s'élargir, plus forte de seconde en seconde.

    Le feu était toujours étrangement fascinant. Pernelle lui avait toujours dit de ne pas s'en approcher, que c'était dangereux. Mais voilà, c'était beau.

    Le reflet dansa devant ses yeux. Elle le fixa, et pendant un moment le monde lui parut orangé. Lorsque le garçon s'approcha d'elle à nouveau, elle reporta sur lui son regard, attentive et intéressée.

    Quand il évoqua la possibilité de se réchauffer près du feu, elle resta un moment silencieuse, impénétrable sous sa masse de cheveux rosés.

    « Pernelle dit que le feu fait mal. Il ne faut pas s'en approcher. »

    En même temps, c'était toujours si tentant de désobéir à sa tutrice, qui semblait vouloir l'éloigner de tout ce qui pouvait être un tant soit peu amusant. Et puis, ce feu-là était si petit, et le garçon paraissait lui faire confiance, alors pourquoi n'accepterait-elle pas? Elle pourrait l'observer de plus près, et voir si le cœur, au centre de la masse flottante, était ou bien rouge ou bien jaune. Et puis, sur les zones de son corps qui n'étaient pas recouvertes par sa peau, elle sentait une brise s'infiltrer, qui la refroidissait un peu plus chaque minute, d'autant qu'elle n'était plus en mouvement depuis un bout de temps.

    Elle laissa glisser son regard sur le feu, revint sur le garçon, qui attendait toujours, le reporta vers le feu, sur le garçon. Et laissa se dessiner un sourire sur ses lèvres, qui dévoila toutes ses dents et marqua une fossette au coin de sa bouche relevée. Elle venait de faire son choix.

    Enjouée à l'idée d'approcher un interdit, elle s'agrippa à la main du garçon pour se relever, et se plaça à deux millimètres de sa figure, son nez touchant presque le sien, tandis qu'elle l'étudiait avec minutie. Elle rit soudain, et s'écarta, tenant toujours sa main dans la sienne.

    « Mais si toi tu veux, alors on va à côté. C'est très fort d'arriver à faire le feu. J'en avais encore jamais vu. Sauf au volcan, mais le volcan, ça fait un peu peur, même si moi, j'ai jamais vraiment peur. »

    Elle reprit son souffle, désigna le feu d'un signe de tête, imagina la chaleur qu'il devait dégager, et comme cela devait être beau, de le regarder de très près.

    Alors elle partit d'un pas guilleret, tirant le garçon derrière elle, s'asseyant d'un bond en arrivant à destination, la peau volant sur ses épaules.

    Après tout, avait-elle encore jamais renoncé à une nouvelle découverte?
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message posté le Jeu 31 Jan 2013 - 10:02 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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La jeune fille semblait rester dubitative à la vue du feu et répondit qu'il ne fallait pas s'en approcer. Caïn ne comprenait pas le sens de ces mots, car pour lui, le feu était sauveur. Combien de fois dans la rue, il avait pu dormir, à peu près au chaud, pour survivre quand son père lui refusait l'entrée de sa maison? Certes, il s'était déjà brulé maintes fois fois, mais une fois maitrisé, le feu était un ami. Et depuis tout ce temps, le gamin avait appris à le maîtriser. Cependant, une question le taraudait. Mais qui était donc Pernelle? Sa grande soeur? Une amie? En tout cas, elle semblait être une adulte, bien qu'un peu étrange, la jeune fille semblait la respecter.

Puis d'un coup, elle lui attrapa la main, le faisant avancer légèrement, et il se retrouva face à face avec elle, leur nez s'effleurant à quelques millimètres. Il rougit d'un coup de cette proximité et n'arrivait pas à détacher son regard d'elle. Puis, elle rit d'un coup, le faisant sursauter. Il ne comprenait rien, et il avait peur. Son corps en plus tremblait de froid, et il se tenait les côtes afin d'essayer de retenir la chaleur dans son corps, qui semblait s'échapper inexorablement. Elle semblait s'amuser et accepta la requête du gamin en le tirant avec elle près du feu.

Elle s'installa tout près d'un bond et Caïn en fit de même, hésitant un instant et emprunta une partie de la peau pour se réchauffer et se colla près d'elle, en se tenant les genoux près de son corps. Il fait bien maigrichon quand il était comme ça, comme une petit animal apeuré, ce qui n'était pas loin d'être la réalité.

Il tremblait encore, mais la chaleur du feu, la fourrure et la proximité de leur corps le recouvrait maternellement en le rassurant, telle une mère enlaçant son enfant. Il sentit sa tête lourde, et ses paupières se fermèrent. Pourtant il essayait de garder sa conscience éveillé, mais il avait du mal. Il se sentait partir au pays des rêves, étrange alors qu'il était déjà dans un rêve, mais il ne sentait plus son corps et il sentait qu'il ne pourrait rien lui arriver, comme elle était là... Sa tête se posa contre le corps de la demoiselle et il s'endormit finalement, éreinté.
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message posté le Lun 4 Fév 2013 - 23:05 dans Re: Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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    C'était tout de même moins effrayant que le volcan. Il paraissait vraiment petit, ce feu si effrayant dont Pernelle lui décrivait les dangers de sa voix posée, où transparaissait une inquiétude qu'elle jugeait justifiée quand elle s'adressait à Neige, qui passait son temps à enchainer les bêtises. Cependant, la petite fille la considérait avec étonnement, comme si elle n'était pas vraiment concernée par les mises en garde. En vérité, elle les écoutait et les notait toutes soigneusement dans un coin de sa tête, mais davantage pour se souvenir de ces éléments dangereux dont on lui révélait l'existence que pour réellement suivre ces conseils. Ceux-ci n'étaient alors que le déclencheur d'aventures plus farfelues les unes que les autres – Pernelle se rappelait avec effarement d'une de ses dernières lubies, qui consistait à balancer toutes sortes d'objets (branches, cailloux plus ou moins gros, et tout ce qui tombait sous la main de sa casse-cou de pupille) dans le lac où vivaient les sirènes, pour voir comment elles réagiraient face à cette intrusion répétée dans leur tranquillité. Pernelle s'était maudite d'avoir dit à la gamine qu'elles n'aimaient pas qu'on les dérange.

    Avec un petit effort, Neige était sûre de pouvoir toucher le feu de la main. Que ressentait-on quand on jouait dans ses reflets dorés? On devait se sentir un peu invincible, avec un poignet de flammes, aux couleurs si belles. Elle hésitait à en approcher ses doigts – on lui avait tout de même dit que cela brûlait, et si elle n'avait jamais ressenti cette sensation, elle s'en méfiait un peu – quand elle sentit un poids s'affaisser contre son épaule, brusquement. Elle sursauta, eut un mouvement de recul qui fut avorté par le corps qui l'entravait, puis se décida à rester tranquille. Le garçon semblait s'être endormi contre elle. Elle sourit et souleva une mèche de cheveux noirs qui barrait son front. Il avait les yeux fermés. Elle toucha sa joue. Elle était chaude, comme la sienne. Elle toucha le bout de son nez, rit toute seule, toucha le sien, passa un doigt sur leurs deux bouches. C'était amusant. Ils se ressemblaient vraiment. Elle se rappela soudain qu'elle ne savait pas qui il était et se tortilla impatiemment, se tâtant à le réveiller ou non. Soudainement, elle avait envie d'en savoir plus. Pourquoi était-il tombé dans le lac? Quel était son nom? Et sa nature? Elle se demanda aussi s'il aimait le feu, et le lac, comme elle, s'il savait comment faisaient les oiseaux pour voler ou si les étincelles qui s'échappaient parfois du volcan par bouffées étaient des esprits taquins ou juste des animaux qui auraient pris feu à trop s'en approcher. Il connaissait peut-être des secrets dont elle n'avait même pas idée.

    Oubliant les règles de survie les plus élémentaires, à savoir qu'on ne réveillait pas un animal qui dormait – de toute façon, son nouveau compagnon ne paraissait pas particulièrement dangereux – elle le secoua par l'épaule, et constata avec dépit que cela n'avait aucun effet. Elle voulait qu'il s'occupe d'elle à nouveau, pourtant! Pas qu'il reste sans rien faire. Elle voulait lui parler. Et il était lourd en plus, elle allait bientôt avoir mal à l'épaule, même si elle était très forte et très résistante. Une fois, elle était restée derrière un buisson toute une demi-journée pour attraper sa proie. Elle était endurante, malgré sa petite taille. Oui oui, elle était vraiment puissante. Et on ne l'ignorait pas comme ça. Elle allait redoubler d'efforts pour tirer du sommeil le garçon, quand un petit jet de feu attira son attention. Elle l'observa pendant une seconde, les yeux grands ouverts, attentifs et étonnés, les pupilles dilatées, avant de détourner le regard.

    Elle redressa le dormeur, et entreprit méthodiquement de lui faire reprendre ses esprits. Emportée dans son élan, ils finirent par basculer en arrière, elle au-dessus de lui, une jambe de chaque côté de son corps, ses cheveux rosés retombant devant son visage, la peau de phoque étalée dans son dos comme une étole.

    Sa voix se fit grondante, pleine d'un capricieux reproche, une demande d'attention insistante.

    « Hé! C'est pas le moment de dormir hein, je suis là moi! Et je te parle, aussi. Tu veux pas parler avec moi? »

    S'il refusait de lui adresser la parole, il était certain qu'elle le prendrait très mal. Elle se livrerait rapidement à de nouveaux projets, bien sûr, mais tout de suite, maintenant, elle voulait interroger l'autre, pleine comme elle l'était de son envahissante curiosité.

    Elle ne cessait de bouger nerveusement ses pieds, et l'un d'eux finit par déraper en arrière tandis qu'elle s'écrasait sur sa malheureuse victime, retenant un grondement de dépit quand elle sentit ses genoux s'enfoncer dans la terre mouillée, ses coudes déraper dans l'herbe.

    Soudain, elle se remit à quatre pattes avec un cri, avant de basculer en position assise, agitant en l'air son pied droit comme s'il était susceptible de l'attaquer à tout moment. Elle finit par le saisir prudemment de ses mains, l'avança près de son visage pour mieux le voir. Quand elle avait glissé, celui-ci avait continué sa course jusque dans les flammes, brûlant son extrémité. Surprise, elle contempla la cloque qui se formait sur son orteil, la toucha du bout de son ongle, afficha une grimace agacée. C'était donc pour cela que le feu était dangereux. Ça piquait un peu. Elle n'avait pas mal non, elle était forte, souvenez-vous, mais ça tiraillait un peu quand même. Elle posa avec précaution le membre blessé dans l'herbe, fronça le nez, toucha à nouveau la cloque, se tourna vers le garçon à côté d'elle, sentencieuse.

    « En fait, le feu, ça peut faire mal. »

    Elle marqua une pause, dubitative.

    « Il faut faire quoi, pour enlever la petite bosse? »

    Au final, sa première question n'était pas celle qu'elle envisageait de poser.
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Un petit garçon qui avait peur de tout ~ [Libre]
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