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Roxanne ~ Citizen Life

Roxanne Age : 24
Humeur : Massacrante ♥

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message posté le Sam 24 Avr 2010 - 16:58 dans Roxanne ~ Citizen Life
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...
I- 1, 2, 3, viens donc avec moi.

    • Prénom et/ou pseudo : Roxanne. « Avec deux N, comme en anglais, parce que ma mère vénère les ''Roast Beef'' depuis le débarquement. Et m'appelez pas Roxy, j'aime pas ça. »
    • Âge : 15 ans.
    • Origines : Française.
    • Arrivée : 18 juillet 1942.
    • Manie, habitude : Bien qu'elle ait quitté le lycée, elle continue à arborer ses rubans: le sien, ceux qu'elle à dérobés... Son préféré reste le bleu foncé.
    • Marque : Sous la clavicule droite - Ruban
    • Groupe :


II- 4, 5, 6, je suis ta hantise.


    « Mlle Roscoff, cessez de faire le pitre!
    - Mais Madame, ce n'est pas ma faute si le caillou que je tenais à la main s'est envolé vers la fenêtre... »


    Roxanne se la joue, en fait. Elle se fait grande quand elle est petite, elle se fait arrogante quand elle a honte. Elle s'oppose à tout. Lorsqu'on cherche quelqu'un qui a du cran, on désigne Roxanne, et elle en est fière, elle se sent utile, à sa façon. Elle aime qu'on dise qu'elle a du caractère, parce que ses parents sont beaucoup trop gentil, et surtout beaucoup trop craintifs à son goût. Pour Roxanne, la vie est un défi. Ça se voit dans ses yeux. Ils sont bleus, sombres, et quand ils ne papillonnent pas ironiquement pour répondre insolemment à quelqu'un, ils brillent de façon provocante. À cause de sa peau de rousse, le haut de ses pommettes à tendance à rougir facilement, sous le coup de la joie comme de la colère. En ce moment, par exemple.

    - Alors mademoiselle, on te fait peur?
    - Ouuuuh, attention, le Grand Méchant Loup va te mangeeer!
    - Bon allez, tu nous laisses ce siège maintenant.
    - On te dérange, c'est ça?
    - Ben alors, tu réponds pas?


    Non, elle ne répond pas. Son cœur cogne dans sa poitrine comme un forcené, ses dents se serrent, mais elle se contente de lancer un regard dur aux adolescents. Se retenir, elle déteste ça: elle aimerait lancer une réplique cinglante, ou mieux, un coup de pied bien placé; mais elle sait que s'attirer des ennuis ne fera qu'exaspérer les autres. Bon Dieu, qu'elle aimerait leur faire ravaler leurs rires de décérébrés. Elle réfléchit à toute vitesse - la solution se présente d'elle-même lorsqu'elle voit au loin, par la fenêtre qu'elle s'obstine désormais à ne pas quitter des yeux, l'arrêt de bus auquel elle doit descendre. Elle se lève, consciente de libérer le siège de quatre places que les hyènes guettaient depuis si longtemps. Rejetant en arrière ses longs cheveux roux noués en couettes, elle se tourne vers les abrutis à demi-affalés sur les sièges et leur lance un sourire effronté:

    - Minables. Incapables de voler le siège d'une fille avant que celle-ci ne se décide à vous le laisser. C'en est pitoyable.

    Le temps qu'ils réagissent, Roxanne était descendue du bus.
    C'est dans ces moments là qu'elle se sent vivre.


III- 7, 8, 9, sort vite de ton œuf.


    Cette femme est une ancienne munitionnette. Ses mains sont encore abîmées par le travail à l'usine. Après la Grande Guerre, elle a coupé ses cheveux au carré, fardé ses yeux de noir, et délaissé les corsets et les bas au profit de la mini-jupe. Elle a joué les Garçonnes. Maintenant, elle ne séduit plus, et seul son Chanel n°5 permet de dire quelle ensorceleuse elle a été dans ses belles années, ces années folles.
    Tout en lui lançant des regard à la dérobée, Roxanne brodait l'histoire de la vieille femme assise en face d'elle. La sonnerie retentit, le wagon trembla et les portes s'ouvrirent dans un grincement quasi inaudible pour les habitués. La vieille dame sortit du Tram-way.
    Roxanne détourna les yeux pour regarder par la vitre sale. Un homme marchait précipitamment, le visage baissé sous son chapeau et le col de son trench remonté jusqu'en haut. Il venait de commettre un meurtre, sans doute dans la ruelle sombre menant aux Galeries Lafayettes. Sinon, il n'aurait pas son poing crispé dans sa poche, ses doigts enroulés autour d'un couteau taché du sang d'un Bosch.
    Le tram redémarra et distança lentement l'homme. Elle descendrait à l'arrêt suivant, devant la place de Gaulle. Comme tous les matins, elle marcherait jusqu'à la Cathédrale, fierté de pierre et de vitraux, puis tournerait à gauche et passerait devant le triste musée. Ensuite, elle n'aurait qu'à suivre la route pour arriver au lycée.
    Le garçon à sa droite n'était pas lycéen. Il travaillait à coup sûr pour les services secrets. Il franchit le portail de gauche tandis qu'elle passait par la porte imposante de droite, menant au lycée privé pour filles ayant entre 12 et 18 ans. Oui, personne ne savait ce qu'il se passait dans le lycée pour garçons. En fait ils sont entrainés en secret pour former un bataillon de tueurs d'élites. Les garçons les plus âgés n'avaient pas à aller en cours, ou à supporter l'atrocité des repas à la cantine; ils étaient privilégiés. Il faudrait qu'elle pense à faire vérifier ce soupçon par Cendre. Au moins, ça éclairerait le mystère sur la façon dont il se débrouillait toujours pour obtenir n'importe quelle marchandise. S'il pouvait lui procurer un repas décent...

    - Tu vas être contente Lucille, on mange encore des rutabagas.

    - Ce sera pas une nouveauté.

    Les deux adolescentes, confondues avec tant d'autres à cause de l'uniforme, étaient assises à l'immense table, devant leurs assiettes. Des centaines de robes blouses, blanches, sans aucunes esthétiques aux yeux de leurs porteuses, occupaient la vieille cantine. Des taches de couleur ça et là, simples rubans censés faire la distinction entre les différentes classes et écoles. Échanger son ruban avec d'autres était un des jeux préférés de Roxanne - de quoi rendre folle n'importe quelle surveillante. Surtout quand les coups de règle en fer sur les doigts étaient devenus trop habituels pour être craints.
    Le chariot à repas passa entre les tables, distribuant le pain, le pichet d'eau et la barquette en fer qui contenait le plat. Les rations alimentaires se faisaient de plus en plus maigres. Voilà déjà deux semaines qu'on ne servait plus de viande. Lucille accueillait le changement avec le sourire, clamant que quelques kilos en moins lui feraient du bien. Roxanne, au contraire, râlait sur son assiette, plantait haineusement sa fourchette dans les féculents d'un air bougon. Parfois, Suzette brandissait fièrement une tablette de chocolat qu'elle acceptait de partager avec le reste du groupe. Ah, du chocolat, depuis combien de temps n'en avait-elle pas mangé? Mais Suzette n'était plus là. Orlane, Ariette et Julie non plus: de plus en plus de filles quittaient la ville pour la campagne. D'autres disparaissaient, simplement. En passant devant leurs maisons, on voyait les portes défoncées. Alors on pressait le pas en baissant les yeux et on pensait « C'est pour ça qu'elle n'allait pas à l'Église avec nous le vendredi. ».
    Roxanne repoussa son assiette dans un soupir:

    - Prend ma part, j't'en prie, je sens que je vais faire un rejet. Je sécherai le grec pour aller m'acheter un truc à grignoter – tu veux que je te ramène quelque chose ?

    - Roxy, soupira Lucille en reluquant d'un air las l'assiette de son amie. Tu sais bien qu'il y a plus rien à acheter, et encore moins sans tickets.

    - Je ne vais pas acheter en ville – et m'appelle pas comme ça, j'aime pas.

    Elle se pencha vers son amie pour lui souffler, sur le ton d'une confidence ou d'un complot de Résistant:

    - Je vais à côté. Chez Eux.

    Lucille écarquilla les yeux, puis ricana nerveusement devant la mine sérieuse de Roxanne: paie toi ma tête, minette, avait-elle l'air de penser. Mais la rousse restait sérieuse, avec un air innocent qui laissait déjà transparaître une fierté de conquérante à travers ses yeux brillants. Roxanne imaginait en avance le regard admiratif de sa chère Lucille, elle s'imaginait en train de lui offrir un gâteau, ou, pourquoi pas, du chocolat. N'importe quoi qui eut pu lui faire plaisir et tracer une fois de plus un sourire angélique sur son visage, rehausser ses charmantes pommettes parsemées de taches de rousseur. Ce soir Lucille et elle rentreraient ensemble, et peut-être qu'elle lui offrirait encore une sourire, et peut-être qu'il se passera ce qu'il s'était passé avec Maël, l'an dernier. Sur le chemin du retour, Roxanne parlait avec enthousiaste, faisant de grands mouvements de mains alors que Maël se taisait. Des cheveux noirs tombant sur ses longs cils, une peau mate, douce, que Roxanne se surprenait parfois à vouloir caresser. Elle ne voyait pas beaucoup de garçons, il faut dire. Et soudain, dans la petite ruelle qui longeait le jardin de l'Évêché, Maël l'avait embrassée. Et comme Roxanne s'était laissée faire en rougissant, Maël l'avait poussée sereinement sous le portique d'une vieille maison en ruine, en déboutonnant le haut de son chemisier.
    Les deux filles avaient quitté leur cachette peu après, les cheveux en bataille et les joues rouges, le sourire timide.
    Ce soir, Lucille et elle rentreraient ensemble.

    Mais en attendant, au lieu de rêvasser, Roxanne avait plutôt intérêt à penser à sa sûreté. Accroupie derrière un buisson, elle cherchait un caillou le plus discrètement possible. Sa main rencontra un morceau de tuile. Prenant une inspiration, elle leva le bras en dehors du buisson et balança la tuile aussi fort qu'elle put, en face d'elle. Un bruit de verre brisé retentit, une sainte horreur lui glaça le sang ; mais quand la voix cassée de sa prof de grec ancien suivit, elle étouffa un rire. Devant elle, la surveillante s'éloigna à grands pas du portail. Roxanne quitta sa cachette en courant. Une fois la grille franchie, elle farfouilla sa besace à la recherche du ruban bleu foncé que Cendre lui avait donné, et l'échangea avec le sien, rouge pâle. Regardant vite fait s'il n'y avait personne dans la rue, elle sortit ensuite un bermuda qu'elle enfila en toute hâte avant de rentrer sa blouse dedans. Cendre avait préféré raquer le bermuda d'un gosse plutôt que le pantalon d'un de ses potes, parce qu'il disait qu'elle était trop petite pour porter un pantalon comme les Grands du lycée sans que ça ne paraisse louche. Déjà qu'elle avait du mal à dissimuler sa chevelure sous la casquette. Pourvue qu'elle n'ait pas à rentrer dans le bâtiment, elle serait obligée d'ôter son chapeau... Mais elle avait tout calculé. La récréation des garçons débutait juste après celle des filles - pour éviter que les enfants des deux sexes n'aient l'idée saugrenue d'essayer de parler les uns avec les autres, à travers l'immense mur de béton. Stupide. De toute façon, Roxanne pouvait très bien se passer de ça pour aller voir Cendre.
    «  Tu t'appelles comment ?
    - Cendre.
    - … C'est quoi ce prénom de mer- ?
    - Ta gueule. »

    Elle l'avait rencontré quand elle était plus jeune, au Parc Pasteur. Il était plus âgé qu'elle, plus maussade, aussi. Constamment les mains dans les poches. Et surtout, les poches constamment pleines.
    Quand elle lui tapota le dos, dans la cour encombrée, alors qu'il était en train d'écouter ses potes raconter leur vie (« Et j'te dis pas, ce connard de Bosh, j'aurais pu me le faire tu vois, mais il y avait trop de monde autour alors je me suis dit que j'allais pas lui foutre la honte devant ses larbins, tu vois. ») Cendre n'eut pas besoin de se retourner pour savoir que c'était elle. Il lança un sourire appuyé, puis, coupant la parole à son ami, tourna le dos à la bande et poussa Roxanne devant lui en direction des toilettes. Il expulsa hors de la pièce un môme en train de se laver les mains avant de verrouiller la porte, s'adossant contre celle-ci. Juste un court moment avant qu'il ne commence à parler, pendant lequel Roxanne eut loisir de critiquer le manque de propreté des garçons aux toilettes.

    - Tu veux quoi ? fit-il d'un ton morne.

    - T'aurais pas des trucs à grignoter ? Ceeeeendre ? ♥

    Il poussa un soupir, et fouilla l'intérieur de sa veste. Roxanne joignit ses mains dans une expression de supplication muette. Il lui tendit trois sucettes.

    - Tu sais, j'ai de plus en plus de mal à me procurer. T'as de la chance que j'ai encore ça en réserve. Mais pour le chocolat et les couteaux, je suis en rupture de stock. Bon, maintenant tu payes, comme tout le monde.

    Mais Roxanne contemplait les sucreries avec de grands yeux gourmands, c'est à peine si elle l'avait entendu. Le garçon soupira encore; il savait parfaitement que, comme d'habitude, Roxanne n'aurait rien à lui donner en échange. Bien, il ajouterait la note à la liste – de plus en plus longue. Il pesta en pensant qu'elle se moquerait une fois de plus - oh qu'il porte bien son nom, ce petit ange - avant de partir en riant. Tant pis. De toute façon il s'était habitué au caractère de la gamine.
    «  Mais, pourquoi ''Cendre'' ?
    - C'est un saint.
    - C'est pour ça que ta mère t'as appelé comme ça ?
    - Ma mère est juste toquée. »

    Au moins, sa mère était drôle, avait pensé Roxanne. Sa mère à elle l'était beaucoup moins. Elle avait peur de tout. On aurait dit que c'était elle qui était allé au front à la place de son mari. Sa seule ressemblance avec la mère de Cendre, c'était l'éternel Chanel n°5. Et quand Roxanne ouvrit la porte d'entrée de sa maison, une sucette dans la bouche, l'odeur du parfum flottait comme toujours dans le vestibule.

    La mère de Roxanne appréhendait les Rouges, les fascistes, les Nationalsozialistische, les Royalistes, les étrangers - et les vendeurs au porte à porte. Un jour, quand elle était petite, Roxanne avait eu l'inconscience de ramener à la maison un tract incompréhensible qu'on lui avait distribué dans la rue. Comment aurait-elle pu savoir que les jolis petits dessins étaient en fait des lettres cyrilliques ? Même la traduction anglaise, elle ne l'avait pas comprise. « 1933 - Let us win by the bolshevik will. ». Elle avait neuf ans, et sans doute n'avait-elle jamais vu sa mère dans un tel état de paranoïa. À part ce soir.
    La femme était en train de faire les cent pas dans la cuisine, à toute vitesse. Son chignon était en désordre. Elle se tourna vers l'adolescente qui déposait sa besace par terre.

    - Roxanne, tu vas partir à la campagne. Je connais la tante d'une amie, elle habite en bord de mer, loin de la ville. Ici, c'est le chaos.

    La mère de Roxanne appréhendait les étoiles jaunes cousues sur les vestes de ses amies, les disparitions soudaines, les cris qu'on avait entendu dans le quartier pendant la nuit, les tags haineux sur les maisons abandonnées. Ce matin, il y avait eu plus de cris que d'habitude. Et pourtant le journal du 16 juillet ne parlait que du beau temps et des jeunes garçons portés en triomphe pour avoir dénoncé deux enfants cachés dans une cave, des jeunes garçons à la tête blonde et rayonnantes de triomphe sous leur képi vert. Alors qu'elle trainait sa valise dans la gare, à contre-cœur, balançant de temps à autres des coups de sac dans le tibia de son père ''malencontreusement'', Roxanne ne voyait plus que ces képis verts. Elle entendait les talons de leur bottes frapper le sol en rythme, le sifflement des trains, les échos de centaine d'adieu. Au loin, très loin, il y avait un train à bétail. Il était gardé par des soldats. Roxanne refusa de détourner les yeux avant que son père ne la pousse timidement vers l'autre quai. Les trains continuaient à siffler.


    Un sifflement, suivi d'un fracas assourdissant. Les murs qui tremblent. Sa mère qui débarque violemment dans sa chambre, l'air plus paniquée que jamais, son père qui arrive à son tour. Les marches en pierre d'un escalier sombre qu'ils descendent précipitamment, son père qui claque une porte en fer derrière eux. Dans cette pièce humide, sombre, elle a peur des rats surement dissimulés dans l'ombre et du terrible Croc-mitaine. Ses parents semblent plus redouter ce qu'il se passe à l'extérieur. La lampe grésille; ils sont en pyjamas.
    Nouveau fracas, dehors on entend encore le son aigu d'une alarme. Elle plaque ses mains sur ses oreilles. Le bruit est assourdissant, soudain, il fait trembler les murs granuleux. Ses yeux, fermés très fort pour se convaincre qu'il ne s'agit que d'un cauchemar de plus. Le monde ne s'écroulerait pas.
    Quand elle rouvrit les yeux, elle était dans une chambre. Un silence pesant y régnait.
    Elle ne bougea pas, de peur de le rompre; ne cilla pas, de crainte de retrouver son cauchemar une fois ses yeux clos. Mais elle n'arrivait pas à calmer sa respiration, bruyante. La nuit devait être en train de toucher à sa fin. Elle distinguait nettement le contour de l'immobilier dans la pièce. Cette chambre rose n'était pas la sienne; elle la détestait, comme tout le reste de cette maison. Convaincue qu'elle ne pourrait pas se rendormir – ou plutôt le prétextant – elle se leva, enfila un gilet par dessus sa chemise de nuit, et sortit dehors en chaussons. Il faisait froid. L'aube était bien moins avancée qu'elle ne l'avait pensé. Sa main droite serra tous les rubans noués autour de son poignet gauche: le rouge pâle, le bleu-foncé, le jaune, le vert et le violet. Eh bien tant pis, maintenant qu'elle était dehors elle y resterait. Et elle ne ferait pas que rester dans ce jardin exaspérant, bien sur, pourquoi s'y limiter quand à cette heure creuse le monde nous appartient ? Ignorant les camélias encore closes, et prenant grand soin de piétiner la pelouse amoureusement entretenue, Roxanne passa aisément par dessus le petit muret. Machinalement, elle suivit la pente que faisait la large rue. Il est bien idiot, d'ailleurs, de construire d'aussi grandes routes quand aucune voiture n'y passe. Les petites ruelles sinueuses de sa ville lui manquaient. Les hautes maisons à colombage aussi. Ici, les habitations étaient d'un blanc étincelant, avec des volets bleus, jaunes, verts; et des jardins trop entretenus. Sous ses pieds, le bitume laissa place à du sable. Elle entendait le ressac de la mer, au loin. Et puis, ici il y avait le cri strident des mouettes remplaçant le doux roucoulement des pigeons. L'eau glacée s'infiltra dans ses chaussons, Roxanne recula précipitamment. La mer – mais bon Dieu que faisait-elle là ? Elle savait qu'en descendant la pente elle atteindrait la plage, mais la mer, elle était beaucoup plus loin normalement. Fulgurant, un éclair de génie la traversa: le jour de son arrivé, la femme raide et quasi-drastique lui avait fait visiter les alentours. « Là, c'est la mer, tu vois ? En ce moment elle est à marée basse. ».

    - Eh bien, il en aura fallut du temps, avant que je la vois haute...


    Elle s'assit à genoux, assez loin pour éviter les vagues, puis se mit à la recherche de coquillages, comme ça, parce qu'elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait faire d'autre. Sa chemise de nuit allait être salie. Tant mieux. Quand elle était petite, Lucille et elle se faisait toujours disputer à cause de leurs blouses tachées. Elle se leva et lança rageusement les quelques pauvres coquillages ramassés, puis se mit à longer la mer, dos au vent. Quand elle ferma les paupières, le bruit de la mer disparut.

    Elle était dans une pièce noire. Pas seulement obscure, vraiment noire. Le rythme de son cœur s'accéléra. La première chose qu'elle voulut faire, plus par instinct que par logique, était de chercher à tâtons des murs. Elle n'en eut pas le loisir: alors qu'elle se retournait elle tomba nez à nez avec une autre fille, parfaitement visible, comme éclairée par une lampe inexistante. Elle sursauta et prit une position réflexe de combattante ultra-charismatique – un bras tendu devant elle et l'autre, à demi-plié devant son visage – mais se calma rapidement. La fille souriait, elle inspirait une tranquillité inhabituelle chez Roxanne. Et elle avait les mêmes yeux sombres et ironiques que Maël. Sa bouche s'ouvrit sur une voix à la fois rassurante et oppressante. Jouer avec elle ? La fille se mit à taper dans ses mains. Une fois, deux fois... Tout ce qui importait Roxanne était de se laisser noyer dans le regard de la fille. Jouer, mais à quoi ? Cinq fois, six fois...

    - Avec plaisir. T'aurais pas une sucette, au passage ?


    IV- 1, 2, 3, qui est derrière toi ?

    Pseudo : Taliaaaa.
    Comment avez-vous trouvé ce forum ? Un hippopotame bleu à débarqué dans ma chambre en hurlant ''INSCRIS TOIIII'', alors me voilà =D
    Avez-vous des suggestions pour l’améliorer ? Léa-choute est trop bête pour savoir qu'elle est intelligente, alors je propose de l'électrocuter <3 (et moi avec, tiens, j'ai envie de test/VLAM)
    Avez-vous des remarques à faire ? J'me suis encore lancé un défi idiot alors j'ai fait des transitions bizarres pour ne pas avoir à couper l'histoire en plusieurs parties, et en plus, des fois on croit croire un truc et en fait non, je parle d'autre chose; j'ai l'impression d'avoir fait des tonnes de fautes et écris des trucs qui servent à rien, mais à rieeeeeen – bref. Ça passera, ça passeraaa...

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Astrid Age : 24
Humeur : Changeante.

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message posté le Sam 24 Avr 2010 - 17:37 dans Re: Roxanne ~ Citizen Life
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Pour toi, petite souris qui veut surpasser le lion,
Astrid choisit le ROUGE ! <3
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Roxanne Age : 24
Humeur : Massacrante ♥

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message posté le Sam 24 Avr 2010 - 18:31 dans Re: Roxanne ~ Citizen Life
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...
    Roxanne pencha sa tête dans le lavabo et recracha un jet de dentifrice et d'eau. Elle se passa un coup d'eau sur le visage et libéra ses cheveux de leur chignon mal fait pour les rassembler en une queue de cheval. Aujourd'hui, elle mettrait son ruban rouge.
    Sa chambre aussi était Rouge, comme la peur de sa mère. Celle-ci se disait sans doute que sa fille avait fuguée, ou pire, qu'elle avait du se faire kidnapper, frapper, violer, tuer par un soldat barbare. Parfois, elle avait de la peine pour ses parents inquiets. Mais ça ne durait jamais longtemps: à croire que dès qu'elle commençait à y réfléchir, il y avait autre chose pour détourner ses pensées. Comme en ce moment, dans la salle de bain, des bulles de savon semblaient s'être mises d'accord pour l'attaquer. Roxanne en éclata quelques unes d'un mouvement de la main avant de sortir de la pièce en vitesse. Elle traversa le couloir et monta les escaliers en direction de sa chambre. Pourquoi ne pas aller au parc un peu plus tard? Il faisait beau, autant en profiter. Des rumeurs couraient comme quoi demain serait un jour de neige. Mais à quoi bon formuler des hypothèses, personne ne pouvait raisonner comme Astrid.
    Astrid, elle la voyait peu. Mais quand elle en avait l'occasion, elle ne se lassait pas de regarder ces grands yeux sombres. C'était amusant de tenter de changer l'expression muette de son regard: comment étaient ses yeux lorsqu'elle était en colère?
    Dans sa chambre rouge, Roxanne ouvrit le tiroir dans lequel elle avait rangé ses rubans. Au milieu des tissus colorés et éparpillés, il y avait une sucette.

    End.
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Astrid Age : 24
Humeur : Changeante.

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message posté le Sam 24 Avr 2010 - 20:40 dans Re: Roxanne ~ Citizen Life
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Kyaaaaaaaaaaaah !!! J'aime la fin, j'aime la fin >.<
Bref, validée rouge (nan, en fait j'ai pas envie, tu vas écrire une deuxième fiche. Et puis une troisième. Et puis une quatrième. Mouahaha *w*)
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message posté le dans Re: Roxanne ~ Citizen Life
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Roxanne ~ Citizen Life
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